IV. Retour aux Vieux-Moulins – L’entrée en scène (1)

IV Retour aux Vieux-Moulins – Un fantôme incarné (5)

Humble paysage, nature acerbe: les Vieux-Moulins ne sont pas un lieu porteur de paroles. C’est un endroit suspendu, propice à la contemplation et la méditation, dont l’impression rendue diffère du tout au tout, selon la plume d’une charbonnière ou l’éclat d’une renoncule. Pourtant, dans la ouate, l’éponge ou l’acier, mes pensées ne s’en effilochaient pas moins de la même manière, comme s’il y avait une pièce perdue, comme si le lieu était hanté, non pas un fantôme mais par l’absence de celui-ci.

Quelque chose me manquait. Ou plutôt m’avait manqué.

Car sitôt qu’il était apparu en ce lieu, le vieux Camille y avait imposé sa présence et son incarnation, comme s’il le complétait, comme s’il en était l’essence.

J’avais sans doute besoin d’une espèce de déterminisme, d’une fatalité, d’une force supérieure à ma propre volonté pour trouver un ressort à ma survie.