Chapitre VIII – Face au fleuve

VIII. Face au Fleuve – La caisse en carton que Camille m’a laissé (15)

Je suis à mon tour face au fleuve. Il a changé, bien sûr : avec la caisse que Camille m’a laissée, je peux en établir l’historique.

C’est une caisse en carton amolli, aux coins rapetassés par de grosses bandes d’adhésif poussiéreux, qu’on plaque chaque fois plus fort et toujours avec moins de succès. Avant que la caisse ne finisse de se décomposer, il faudrait transférer son contenu dans une malle ou une valise – enfin n’importe quoi de plus approprié – mais j’ai l’impression que la caisse est tout autant le legs de Camille que les documents qu’elle contient. C’est là-dedans que j’ai trouvé quelques-unes des pièces qui m’ont permis de donner du corps à ses confidences. Dont une collection de cartes postales retraçant la succession des ponts de Vireux.