Chapitres XV

Le dîner aux chandelles

Voici donc l’affrontement. D’un côté, notre héros, Norbert. Un brave homme, pas toujours facile, un peu dispersé parfois, spécialiste du plan foireux mais fidèle en deux choses: l’amitié et la paternité. De l’autre, notre héroïne, si nous pouvons user de ce mot pour cet être du beau sexe (du très beau, même) qui est à la fois la fastueuse marquise Christine de Jussieu-Fronsac et l’inquiétante Ninon la Mort. Arrêtons le jeu de paume et passons à d’autres jeux, jeux de l’amour et du hasard, jeux de dupes ou double jeu?

Les deux laquais en grande tenue, la vaisselle fine et les chandeliers garnis de cire d’abeille ne furent pas suffisants pour réchauffer l’atmosphère. Le dîner avait commencé dans une ambiance glaciale. La table avait été dressée dans la grande salle du château, froide et nue, pour deux personnes. Norbert y était entré seul et installé à sa place d’un geste parfait du laquais le plus âgé. Son dîner avait commencé par une attente de quelques minutes. Finalement, la marquise de Jussieu-Fronsac était arrivée vêtue d’une robe somptueuse, taillée dans un velours rose, rehaussé par des broderies d’or et de soie. Elle avait les épaules nues et les seins presque découverts, rehaussés par un corset terminant en pointe. Ses cheveux, coiffés en chignon, étincelaient des perles qu’on y avait semées. Cependant, malgré la richesse du décor et de son costume, il n’y avait aucune trace d’afféterie dans son attitude: elle semblait aussi naturelle que possible. Elle fit sa révérence, vint s’asseoir en face de Norbert, lui sourit et attendit.

Si l'amour vous tente et que vous le cherchez depuis longtemps, le deux vous séduira.
Si décidément rien n'est simple et que tout se complique, le trois s'imposera.
Si la vérité ne vous dérange pas même quand elle vous chagrine, le quatre s'indiquera.

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