Panta Rhei – 1 – Camille Vizouchat

Panta Rhei – 10 – Nostalgies mosanes

Ses premières béatitudes, il les avait connues en Ardenne mosane, au milieu du méandre qui s’amorce juste après Haybes-la-Rose. C’était vers 1926 ou 1927, avant la mort de son père et son retour à Hargnies.

Haybes avait été entièrement détruit par les Allemands en 1914. Les Uhlans avaient incendié le village et fusillé tous ceux qui avait attendu. Ces irréductibles optimistes, rassurés par les recommandations du maire, du curé et de l’instituteur, n’avaient pas jugé plausibles les récits de destructions qui leur parvenaient de Dinant, Bièvre, Hastière, Willerzie… Tous ces massacres, c’était trop, on n’y croyait pas: on n’était plus au XIXème siècle…

Mis à part l’église et l’école, il ne restait pas une pierre debout après la guerre. On avait donc fait appel à la main d’œuvre étrangère, principalement des Espagnols. Le père de Camille avait facilement trouvé du travail comme contremaître dans une fonderie, non parce qu’il avait la moindre compétence dans ce domaine, mais parce qu’il était à peu près le seul élément indigène au milieu des ouvriers.

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