Panta Rhei – 1 – Camille Vizouchat

Panta Rhei – 20 – À quoi bon finalement

Deux heures ne s’étaient pas écoulées depuis qu’il avait posé le pied à terre. Pourtant Camille n’en finissait pas de cette matinée, où toutes ses pensées tournaient autour de ses obsessions. Tout ça à cause d’une enveloppe…

Maintenant, il était à nouveau dans son jardin.
Camille Vizouchat tenta encore de pisser, sans plus de succès. Et l’impossibilité de tenir sa routine le mit profondément en colère. 
Tous les efforts qu’il avait consentis dans son jardin lui paraissaient vains. Près de vingt ans s’étaient écoulés depuis son départ à la retraite et la longue somme des travaux quotidiens lui apparut tout à coup dans son absurdité. Il n’avait donc fait que cela : planter, déplanter, semer, récolter. Il pensa aux vanités. Décidément, il n’en finissait pas avec la peinture.

Il pensa qu’avoir vécu tout ça, avoir survécu à tout ça, avoir poussé chaque jour l’un après l’autre pour ça, pour être du néant vivant, c’était ridicule. C’est à peine s’il ne regretta pas de ne jamais avoir cru en Dieu.

Comment s’en irait-il, le verrait-on, moderne énervé de Jumièges, baver dans une chaise roulante, abandonné à quelque fleuve paresseux et tranquille ?
Est-ce que ce n’est pas toujours un fleuve qui nous guide ?

Camille serra les poings. D’accord, c’était la fin. Mais ce serait lui qui choisirait, qui la choisirait.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.