Panta Rhei – 1 – Camille Vizouchat

Panta Rhei – 7 – Les Énervés de Jumièges

C’était un vieux manuel scolaire de la fin du XIXe siècle, avec des gravures de reproduction aux traits grossiers. En illustration du chapitre sur les Mérovingiens, il y avait une xylogravure.

C’était cette illustration qui avait justifié l’achat du livre.
Elle représentait deux hommes, affalés dans une espèce de radeau qui dérivait au fil de l’eau, sans qu’on puisse comprendre s’ils étaient complètement soûls, hébétés ou moribonds.
Les deux personnages occupaient la partie inférieure gauche du dessin, comme si le mouvement de l’eau les faisait sortir de la courbe d’un méandre et qu’ils s’apprêtaient à passer lentement devant l’artiste assis. Pour le reste, il n’y avait rien qu’un décor minimaliste, un trait pour la berge d’une fleuve, une colline à l’horizon. Dans le cartouche en dessous du dessin, inscrit en lettres grasses: «Les Énervés de Jumièges».

Camille Vizouchat prit un autre bouquin dans l’amoncellement. Une belle édition sur les peintres pompiers, qu’il ouvrit grâce à un gros marque-page. C’était de nouveau «Les Énervés de Jumièges», mais cette fois-ci la version authentique de la peinture, signée Évariste Luminais.

Il ressortait de l’œuvre peinte la même impression morbide, mais certains détails donnaient une touche plus mystérieuse à l’ensemble.

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