II. Avant l’histoire – Pluies (1)

Avant l’histoire – 10 – Juste après les glaces

Pour se faire une idée du milieu tel qu’il était quand les premiers hommes sont arrivés (si les Néandertaliens ne sont pas à considérer comme des hommes à part entière, ce qui est une autre histoire), mettons que ça commence il y a 10.000 ans, lorsque la dernière glaciation s’achève brusquement : la glace cède la place à l’eau, les hivers raccourcissent.

Éternelle revanche du végétal: une armée exubérante part à l’assaut de la toundra. Bientôt, cette forêt subarctique ne subsistera plus que dans les marais les plus froids, aux confins des plateaux, en petites lentilles tourbeuses éparses; ailleurs, elle fera place à la forêt tempérée européenne. Les animaux? Ils suivent de près, en un cortège à peu près pareil à celui que nous connaissons encore. Les hommes -très peu nombreux- en sont évidemment: ils accompagnent cerfs et sangliers, comme de coutume, en petits groupes mobiles. Ils maîtrisent le feu, enterrent leurs morts, redoutent la vermine et chantent des chansons. On n’en sait pas tellement plus mais c’est bien suffisant pour se figurer qu’ils sont exactement à notre image.

Et les millénaires passent, en un petit coup de vent. En bas, dans la vallée, les paysages s’ouvrent, les bipèdes sont toujours plus nombreux. Ils ont des outils de bois, de pierre et d’os, bientôt de métal. Toujours plus malins, toujours plus industrieux, ils se perfectionnent. Ils jettent un œil vers les sommets. Y grimpent.

Pour le plaisir de voir ce qu’il y a derrière.