II. Avant l’histoire – Pluies (1)

Avant l’histoire – 15 – Le pari de Pascal

De ma grand-mère, qui était très catholique et qui mettait des petites images ou des petits colifichets dans tous les recoins de la maison, ce silence gêné ne m’étonnait pas. Mais, venant de mon grand-père, qui ne croyait ni à dieu ni à diable, cela m’étonnait davantage. Aujourd’hui qu’ils sont morts depuis si longtemps, il n’y a rien qui me touche plus que de croiser un vieux qui dévoile tout à coup une vieille croyance dans un geste de superstition: c’est un clin d’œil de mes chers disparus.

Si ma grand-mère croyait à l’existence des nutons et mon grand-père pas, ils s’en méfiaient pareillement. Le pari de Pascal est une émanation du bon sens populaire : on ne sait jamais, qu’est-ce que ça coûte?

On ne va pas risquer de se mettre des nutons à dos.

Et donc, ces sales petits bonshommes sont des sortes de nains.