II. Avant l’histoire – Pluies (1)

Avant l’histoire – 2 – Toujours pluies

Il y avait la pluie du bûcheron aussi, qui était une autre saloperie, une variante ardennaise du supplice chinois: deux ou trois degrés; une pluie franche et glaçante; tic, tic, tic, trois petites gouttes et puis plus rien; tiens, y pleut plus? on lève la tête, tchac, la quatrième goutte, ronde et glacée, vous tombe au coin de l’œil ou dans le cou; putain de pays, même pas moyen de se rouler une clope –faut les acheter toutes faites, bien empaquetées, mais quand t’as pris la troisième du paquet, il n’en reste rien de plus qu’un morceau de chique brune.

À tous ceux qui veulent arrêter de fumer, je recommande un stage de bûcheronnage en Ardenne, mettons quinze jours au mois de novembre, c’est radical. Faut juste préférer crever de froid plutôt que du cancer: tu vas pleurer ta mère.