II. Avant l’histoire – Pluies (1)

Avant l’histoire – 20 – Apparition des évidences

Je n’en revenais pas de la logistique et de l’organisation qu’une telle entreprise impliquait. C’est à ce moment que m’est revenue l’antienne de mon pote : Qué pass’ment d’temps! Lui, tout celte, tout gaulois ou tout wallon qu’il était, celui qui serait venu lui expliquer qu’il fallait faire ça pour ramasser trois paillettes d’or, eh bien il aurait eu des manches à mettre, il aurait pu creuser tout seul.

Mais alors qui?

L’idée des nutons m’est apparue, comme une évidence.

Je laisse à l’historien le soin de valider ma thèse, comme je fais grâce à mon lecteur de l’historique de mon cheminement intellectuel mais, pour en revenir à mes nutons, je pense que ce sont eux qui sont à la base de ce travail gigantesque. J’ai bien écrit la base, et non l’initiative, qui en revient bien aux Celtes.

Ce n’est pas par hasard que les nutons sont munis de pelles, de pioches et de piolets; ce n’est pas par hasard qu’ils sont mineurs; ce n’est pas par hasard qu’ils sont de petite taille; ce n’est pas par hasard qu’ils sont capables d’avoir des enfants avec les humains; et c’est encore moins par hasard qu’ils ont disparu en nous maudissant.

Les Nutons étaient des êtres humains, exactement de la même espèce que nous. Ils ont subi le sort de toutes les peuplades subjuguées par les Indo-Européens; ni plus ni moins, mais les premiers. Disparus sans témoins, sans traces et sans noms, le souvenir du peuple primitif s’est perpétué dans notre mauvaise conscience avant de se transformer en légende.