II. Avant l’histoire – Pluies (1)

Avant l’histoire – 9 – Thalwegs, haldes et tertres d’orpaillage

Le soir-même, j’entrepris de retourner ma bibliothèque à la recherche de ce petit ouvrage, acquis par hasard dans une bourse aux livres. Le voilà. Une petite brochure bleu pâle = Ministère de l’Agriculture, Administration des Eaux et Forêts, Service de la Conservation de la Nature, travaux n°9 : « La végétation de la Réserve naturelle domaniale des Anciennes Troufferies (Libin) ». J’ouvre le machin ; avant-propos, bla bla bla, cadre géographique, milieu physique, oui, patati patata; ah, nous y sommes: chapitre II. Pages 16 et 17. Données historiques et archéologiques. §1. L’orpaillage.

Coup au but! Je tiens mon explication!

« 1. L’extraction des sédiments alluviaux est responsable de l’approfondissement notable et du modelé tout à fait particulier du fond du thalweg. Celui-ci n’offre plus le profil classique des vallons ardennais mais présente un fond aplani et très élargi dans lequel serpente le cours d’eau. (…). Les tertres sont tellement abondants que, bien souvent, ils se touchent et se chevauchent. Ils finissent par créer ainsi, de chaque côté du ruisseau, une sorte de bourrelet bosselé qui souligne davantage encore le profil étonnant de la vallée. Dans la tourbière, ces cordons de butte constituent une véritable digue entravant le drainage naturel; par la rétention d’eau qu’elles ont provoquée, ces lignes de tertres sont responsables d’un important exhaussement du niveau de la tourbière dans la partie inférieure des versants.(…)

2. Le caractère artificiel de ces haldes est absolument évident et leur attribution à la pratique de l’orpaillage dans les alluvions a été prouvée depuis de nombreuses années par des géologues et des historiens(…). Les mêmes auteurs arrivent à la conclusion que l’or se trouvait, à l’origine, dans les couches de base du Gedinnien qui apparaissent généralement à proximité des affleurements cambriens: c’est toujours, en effet, dans la zone de contact entre les roches gediniennes et cambriennes que l’on observe des tertres d’orpaillage et que les essais de délavage des alluvions ont chaque fois délivré un peu d’or.(…) »

Et voilà. Si les Français se sont arrêtés sur la Croix-Scaille parce qu’il n’y avait pas de fer, on peut supposer que les Celtes y sont venus parce qu’il y avait de l’or. Du moins, c’est ma théorie.