Survol des chapitres 11 à 20

à destination de celles et de ceux qui n’ont, et c’est regrettable, pas la patience de tout lire et de tout retenir

(mais l’essentiel est de participer)

Il était une fois un ramassis de personnages presque tous les plus louches les uns que les autres et le mouvement brownien qui nous occupe depuis déjà vingt chapitres va les voir se croiser, s’entre-croiser, se tromper, s’aimer, se construire, se détruire, et je pourrais continuer longtemps mais préférons le etc., etc., il ne faut point fatiguer qui nous lit, surtout si avide de résumés, la personne en question brûle de savoir en quelques lignes l’essentiel de l’intrigue.

Cependant la belle lectrice ou le gentil lecteur (à moins que ce ne soit l’inverse) n’est certes pas autant adepte d’une sage paresse que votre serviteur. Aussi vais-je vous renvoyer au premier de ces résumés si vous voulez tout reprendre dès le début (deux minutes de lecture).

Et alors? Et alors? Eh bien nous repartirons de Nieuport, et ne négligeant aucune part de ces extraordinaires aventures, fussent-elles de nature à faire frémir la pucelle ou terrifier l’homme mûr qui s’estime (à tort) revenu de tout, nous assisterons à la pendaison d’un innocent. C’est l’ennui avec la peine de mort. C’est efficace pour supprimer le méchant, sans cependant, le monde est imparfait, parvenir à éradiquer le Mal et assurer le règne de la Vertu, à laquelle nous tressons le laurier. Mais l’exécution n’étant que très peu réversible (on a connu un cas, ne blasphémons pas), c’est ennuyeux quand le méchant n’en était pas un. Lazare, devenu médecin, donc notable, de la ville de Nieuport, a des tracas métaphysiques. Il faut dire que non seulement ce spectacle le dégoûte mais encore qu’il a par moments des éclairs de conscience qui, il le sait, le rapprochent de sa vie antérieure, avant qu’il devienne amnésique et qu’il soit recueilli, inanimé, dans les bras tremblant de désir de Margriet; croyant voir en ce naufragé sans mémoire le fiancé parti faire fortune au loin.

Pour apaiser les tourments, l’acte d’amour est salutaire. Lazare va chercher chez la femme du bourgmestre les consolations de l’âme qu’il n’a plus trop envie de recevoir de la part de son épouse légitime, dont le caractère de mégère n’a pas mis longtemps à se révéler et qui éduque Antoon, le fils aimé que leurs étreintes ont produit, d’une façon déplaisante – à tout le moins aux yeux de Lazare, lequel peut compter sur son amitié avec l’apothicaire, Cronfestu, pour recevoir conseils en tout genre. C’est d’ailleurs lui qui lui avait soufflé que Flora, la femme de Dikke Bart, le burgmeester, se languissait d’un amant solide et tendre. Pourquoi diantre n’en a-t-il profité lui-même? Car le maître ès potions est attiré par Sodome.

Ce qui explique qu’il fait mine de céder aux avances de Dikke Bart (qui meurt heureux) tandis qu’une explosion ravage la maison de Lazare, lequel était occupé à conter fleurette à Flora chez elle, accompagné par son fils qui ne tenait point la chandelle mais jouait dans une autre pièce. Les rescapés doivent fuir sans délai aucun.

La première étape de leur périple est Ostende, bourgade point trop éloignée et où Cronfestu, qui n’est pas celui qu’on croit, doit retrouver ce coquin de Marius Veyrand. Icelui, pour qui l’ignorerait, est un pirate, un escroc, un malandrin, et je pourrais continuer longtemps mais pour la raison détaillée ci-haut, contentons-nous un etc., etc. Veyrand est le spécialiste de la trahison mais à chaque fois que la fortune lui sourit, il la perd. Son idée est de remettre la main sur un trésor caché par le célèbre Grammont, lequel – disons-le tout net – a engendré un bâtard qui sera d’abord connu sous le nom du vicomte René de Triviers. Et voici qu’à la XIII° penne, l’auberge louche tenue à Ostende par Jef Grootmeester, un ancien pirate à la jambe de bois malencontreusement amputé alors qu’il souffrait de plombs dans la fesse, la vérité éclate: Cronfestu, jadis chirurgien dans la flibuste, n’est autre que Triviers. Reconnu par Grootmeester, il n’est sauvé d’une mort atroce que par l’apparition de La Pogne.

Celui-ci, rappelons-le, est à la fois le jardinier et l’homme de main de Ninon la Mort, toujours à la recherche de son fils disparu – et qui présentait quelque ressemblance avec Antoon. Le plan de Veyrand est limpide: échanger Antoon contre la plan du trésor que détient Ninon. Enfin, Ninon… On se rend compte, dans le chapitre 20, celui qui clôt ce résumé, qu’il s’agit en réalité de Christine de Jussieu-Fronsac, marquise de son état, riche et belle, voyageant entre son château méridional et son castel de Chatou, entre Paris et Versailles, où nous allons assister à une fête galante et à un nouveau départ précipité: Ninon veut son fils.

En route vers la suite!

Il ne vous reste que le chapitre 21 à lire avant le 22 pour être on ne peut plus à niveau.

Paul-Émile Bontemps