Chapitre III

Assis sur le bord d’un fleuve

Alors que la lamentable fin de Marius Veyrand nous a été dévoilée, il nous faut maintenir revenir en France où nous avons laissé Norbert et où repose Cronfestu. Pour la première fois depuis des années – toutes celles où Norbert était Lazare – les deux amis n’allaient plus l’amble.

La disparition de Cronfestu avait presque anéanti Norbert. Il fallut quelques jours à notre homme pour recouvrer sa lucidité et sa détermination (les deux n’allant de plus naturellement pas de pair). Non seulement ressentait-il un chagrin sincère et profond d’avoir perdu son ami, mais encore se figurait-il parfaitement que sa mort allait singulièrement lui compliquer la tâche: il en était presque découragé. Le chagrin et le désespoir retentissaient en lui comme une résonance qui s’amplifiaient l’un l’autre et le faisaient grimper en spirale vers rien, en fait, vers ce rien où se résumera et se terminera toute vie, vers cet à quoi bon encore bien pire que le trois fois rien que les plus optimistes parmi les pessimistes mettent en avant durant leur cheminement.

Ils étaient deux. Pour lire la suite, même s’il n’en reste qu’un, c’est donc sur le deux qu’il faut cliquer.

Chapitre II

À requin, requin et demi

Marius Veyrand s’est rendu à l’évidence: il manque un troisième parchemin qui lui permettra d’enfin mettre la main sur le trésor de Grammont. Ses vaines recherches caraïbes l’incitent à un demi-tour qui n’est pas passé inaperçu aux yeux de tout le monde. L’Atlantique est grand mais quand on part du même endroit la route est souvent la même.

Boot gezien!” Du haut du mât du “Slimme Duif”, l’information avait claqué comme une délivrance. Mafumba avait assez bourlingué avec les Hollandais pour comprendre parfaitement ce que cela signifiait: bateau en vue. Il sortit précipitamment sur la dunette et tourna son regard vers le point que lui indiquait la vigie. De son œil d’aigle, Mafumba reconnut immédiatement la silhouette du “Fend-les-Flots” et confirma son identité au capitaine.

Si vous voulez savoir ce qu’il advint peu après, cliquez sur le deux. Sur le un, on observe moins que sur la hune.

Chapitre I

Trois fois rien sans le troisième

Gentil lecteur, aimable lectrice, voici le livre second. N’as-tu pas lu le livre premier? Voici donc ici le résumé, en trois courts morceaux, un, deux, trois, de ce feuilleton haletant. Si tu sais déjà tout, ne t’en dispense pas, le scribe a de l’esprit de synthèse, certes, mais encore plus de l’esprit tout court. J’ai bien fait de l’engager.

À la fin de l’an de grâce 1729, deux arrivées inattendues animèrent la fin de la saison des pluies. Ce fut tout d’abord, deux jours avant la Toussaint, l’atterrissage d’un bateau de dimension moyenne qui suscita la curiosité puis l’enthousiasme des habitants de Petit-Goâve: un magnifique cotre à hunier qu’on devinait, à sa finition soignée, neuf et de provenance européenne, anglaise probablement; cependant, les mots “Fend-les-Flots” peints dans un cabochon d’or sur la coque, ainsi que les couleurs qu’il arborait, renseignaient que son propriétaire était de langue française et venait du Royaume.

Et pour lire le chapitre I en entier du livre second, logique: clique sur le 2 à côté du 1