Chapitre VII

Devenir scandaleusement riche

Norbert Lachassaigne a dû provisoirement abandonner les manœuvres agricoles de récupération de son fils Antoine, craignant que la maréchaussée ne lui demande des comptes sur un malheureux incident alors qu’il s’était engagé comme cueilleur de pommes dans les vergers appartenant à Ninon la Mort et qu’un petit chef zélé et soupçonneux essayait de lui voler quelques pièces d’or cachée dans un repli de sa chemise déposée sur la berge de la rivière lors d’un bain rédempteur.

Depuis sa fuite précipité de Veynes, Norbert n’avait pas perdu une minute. Il avait atteint Gap au bout de sa première journée de marche. Il s’y était lavé, rasé et habillé de neuf. De là, par la diligence, il avait suivi le cours de la Durance jusque Sisteron puis avait obliqué sur Aix, avant d’atteindre Marseille, au bout de la semaine; à nul moment, on ne lui avait posé de question; aucun incident n’avait émaillé sa route.

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Chapitre VI

Les dangers de la baignade

Digestion terminée – reprendrez-vous un peu de cuissot (ou faudrait-il écrire cuisseau?), capitaine? – retournons vers Veynes où notre héros se trouve désormais, toujours dans la quête de son fils, enlevé par Ninon la Mort qui l’estime sien.

Un franc soleil, presque encore à la verticale, fracassait les toitures de la ferme. Les murs, crépis de blanc et ocre, réverbéraient dans la cour un air chaud, poisseux, pesant comme un licol. Le vent d’Afrique s’était d’abord insinué, depuis le littoral, dans toutes les échancrures du massif alpin. Comme saules et trembles tintinnabulaient joliment sous ce courant printanier, on y avait à peine prêté attention. Puis cet assaut anodin, plaisant – bien confortable au fond, à la période où les premiers froids engrinchaient d’ordinaire les frileux vieillards – cet assaut anodin s’était transformé en une vague brûlante, qui subjuguait tout sur son passage et colorait de rose le sommet des glaciers.

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Chapitre V

In gurgite vasto

Laissons pour quelques pages Norbert à Veynes et environs chercher l’improbable moyen de récupérer son fils des griffes de Ninon la Mort et retournons un peu vers les mers chaudes sans que malgré les apparences l’action s’encalmine.

Veyrand mort, Congo n’était pas vivant pour autant. Il ne s’était pas réincarné. C’était pourtant ce que Mafumba s’était imaginé durant toute ces années. Durant tout ce temps, dans le secret de son âme et le noir de ses pratiques, Mafumba avait communiqué avec celui qu’il chérissait comme son père. Congo l’avait suivi, avait tempéré ses humeurs, avait retenu sa langue. Dans les brouillards neigeux des pays du Nord, quand l’hiver poussait ses pions sur les canaux glacés et que Mafumba sentait le froid lui saisir la nuque, Congo le réchauffait de son souvenir vaudou. Il était l’esprit de ses Caraïbes, l’animal totémique aux mille apparences, l’œil fou de la pulsion vitale. Il savait toutes ses apparitions.

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