Chapitre V

In gurgite vasto

Laissons pour quelques pages Norbert à Veynes et environs chercher l’improbable moyen de récupérer son fils des griffes de Ninon la Mort et retournons un peu vers les mers chaudes sans que malgré les apparences l’action s’encalmine.

Veyrand mort, Congo n’était pas vivant pour autant. Il ne s’était pas réincarné. C’était pourtant ce que Mafumba s’était imaginé durant toute ces années. Durant tout ce temps, dans le secret de son âme et le noir de ses pratiques, Mafumba avait communiqué avec celui qu’il chérissait comme son père. Congo l’avait suivi, avait tempéré ses humeurs, avait retenu sa langue. Dans les brouillards neigeux des pays du Nord, quand l’hiver poussait ses pions sur les canaux glacés et que Mafumba sentait le froid lui saisir la nuque, Congo le réchauffait de son souvenir vaudou. Il était l’esprit de ses Caraïbes, l’animal totémique aux mille apparences, l’œil fou de la pulsion vitale. Il savait toutes ses apparitions.

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Chapitre IV

La course du lièvre à travers les chants

Pendant que s’entre-tuent les pirates, pendant que le trésor reste introuvable, que devient Norbert à la recherche désormais solitaire de son fils Antoine, alias Henri aux yeux de Ninon la Mort? Il va le rechercher mais auparavant, un dernier devoir sacré s’impose à lui.

Assez de ces… Assez de ces pensées morbides et répétitives! Ce son des tambours, frappant dans ton cœur, ton esprit qui s’emballe! Assommé! Le tonnerre t’anéantit, Norbert. Assommé! Qu’est-ce que tu pourrais faire? Assommé! Tu regardes autour de toi et tu sais que tu ne pourras pas faire demi-tour! Assommé!
Retour au noir! Ainsi pensait notre héros, qui creusait son chagrin comme il faisait d’une tombe. Creuser encore… avec hargne! imaginer à l’avance la douleur suivante, l’anéantissement, l’absence de tout espoir, serrer les poings et les dents, laisser hurler les bêtes fauves! Prendre ce chemin qui mène en enfer.

Si on clique sur le 1, on n’a aucune chance d’y arriver. Sur le 2, le vent t’emportera vers le diable.

Chapitre III

Assis sur le bord d’un fleuve

Alors que la lamentable fin de Marius Veyrand nous a été dévoilée, il nous faut maintenir revenir en France où nous avons laissé Norbert et où repose Cronfestu. Pour la première fois depuis des années – toutes celles où Norbert était Lazare – les deux amis n’allaient plus l’amble.

La disparition de Cronfestu avait presque anéanti Norbert. Il fallut quelques jours à notre homme pour recouvrer sa lucidité et sa détermination (les deux n’allant de plus naturellement pas de pair). Non seulement ressentait-il un chagrin sincère et profond d’avoir perdu son ami, mais encore se figurait-il parfaitement que sa mort allait singulièrement lui compliquer la tâche: il en était presque découragé. Le chagrin et le désespoir retentissaient en lui comme une résonance qui s’amplifiaient l’un l’autre et le faisaient grimper en spirale vers rien, en fait, vers ce rien où se résumera et se terminera toute vie, vers cet à quoi bon encore bien pire que le trois fois rien que les plus optimistes parmi les pessimistes mettent en avant durant leur cheminement.

Ils étaient deux. Pour lire la suite, même s’il n’en reste qu’un, c’est donc sur le deux qu’il faut cliquer.